Novembre 2006

 



Au sommaire


Cinéma

AFI/AFM
On set with French cinema
Jacques Rivette à l'honneur
Janus fête ses 50 ans
Brèves de cinéma à Boston
La production augmente à NewYork
Roma Film Festival

Télévision / Radio
Les films vus à la TV
Nuit noire récompensé aux Emmy Awards
Télé-réalité américaine
Emilie Simon s'exporte aux E-U

Nouveaux médias
Les changements suite au rachat de YouTube par Google
Le Canada investit la diffusion par Internet
Les vidéos produites par les utilisateurs en 2006
Révolution dans l'interopérabilité
Menace sur l'hégémonie d'Apple
Sortie imminente de Windows media
Concurrence dans l’industrie du jeu vidéo à l’approche des fêtes

En bref

 

Edito: Séries TV : nouveaux gouffres financiers des networks

Que peuvent avoir en commun les séries Smith (CBS), Kidnapper (NBC) ou The Nine (ABC) dont les résultats d'audience sont pourtant très variables? …D'avoir été les séries les plus onéreuses de l'histoire, en terme de casting mais aussi de dépenses marketing.

Désormais, les marchés de l'industrie TV et de l'industrie cinéma fonctionnent de façon de plus en plus similaire avec une nécessité de retour sur investissement à très court terme sous peine de voir le programme disparaître des écrans, l'ironie étant que ces explosions de budgets de la télévision interviennent dans un contexte de contrôle des dérapages financiers du cinéma.

Si le chiffre d'affaires des régies publicitaires des networks est stable, les budgets des programmes de prime-time sont en réelle explosion cette année avec près de 9% d'augmentation. A tel point qu'un réseau comme NBC vient de licencier près de 700 personnes afin de tenter de juguler cette inflation du prix de revient. Divers projets ambitieux comme Hallo ou une comédie avec le duo Jim Carrey-Ben Stiller ont même été stoppés pour raison budgétaire. Le coût moyen par épisode est ainsi passé en 2 ans de 2.4 à 2.8 millions de dollars, pour les fictions ou même les sitcoms (dont le coût moyen par épisode a augmenté de 35% dans le cas de My name is Earl  ).

Les productions TV rivalisent donc avec celles du cinéma, tant en terme de qualité de production que de marketing. Pour lancer ses shows, NBC dépense 15 à 20% de son budget en communication dans tout type de médias. Si Fox dépense moins, sa créativité ne fait pas défaut avec des campagnes de promotion sur MySpace ou des diffusions de teasers événementiels à Times Square… Ces dépenses marketing augmentent de façon régulière mais explosent surtout depuis 2004, avec le lancement des séries Desperates Housewives et Lost qui ont transformé les shows en véritables événements aux budgets marketing jamais atteints (entre 10 et 20 millions de dollars). Et si dans le passé les studios délocalisaient les tournages au Canada ( X-Files ) pour diminuer les coûts, dorénavant la quasi totalité des tournages a lieu à Los Angeles ou New York. Un autre paramètre : le coût des « pilotes » dont l'augmentation exponentielle renchérit le prix des tournages. Ceux de Studio 60 ont coûté plus de 6 millions de dollars quand un seul épisode se situe autour de 2 ou 3 millions.

Cette augmentation des coûts de production conduit les networks à être plus exigents en terme de résultats d'audience et à déprogrammer rapidement en cas d'échec.

Que nous réserve l'avenir ? Il est certain que par le passé, la réduction drastique des coûts de production n'a pas toujours été positive. Avec la « révolution numérique » et la modification actuelle de la consommation des images, il sera de plus en plus difficile de retirer des profits des ventes de DVD et la route du succès sera de plus en plus tortueuse, quels que soient les investissements des networks… C'est pourquoi ces networks et les sociétés de production envisagent d'autres stratégies. Peut-être en réduisant les coûts du casting ou en changeant les formats, ou bien simplement en modifiant leur grille de prime-time pour proposer un mélange d'émissions de télé-réalité moins coûteuses avec les séries.

Les networks ont cru au succès de ce nouveau type de séries TV et à leur rythme de production pour assurer leurs revenus, sans forcément envisager les dérives engendrées par les coûts de fabrication… Des aménagements restent donc encore à trouver.

Olivier Daube
Chargé de mission opérateursTV/radios
et programmes audiovisuels aux Etats-Unis
olivier.daube@diplomatie.gouv.fr

 


Cinéma

AFI FEST et AFM : incoutournables mais discutables

Pour la troisième année consécutive, le festival de l'American Film Institute (AFI FEST) et le marché du film de Santa Monica (AFM) ont occupé le devant de la scène hollywoodienne durant les premiers jours de novembre. Un constat mitigé et quelques craintes pour le marché… Pour le 20e anniversaire du festival de l'American Film Institute, qui se tient traditionnellement au complexe de l'Arclight à Hollywood, 45 pays étaient représentés avec 111 longs métrages et 36 courts. (22 premières mondiales). Plus de 60 000 spectateurs ont assisté aux projections ainsi qu'aux questions-réponses des réalisateurs présents, incluant quelques Français. La soirée d'ouverture, depuis le célèbre «Chinese Theater» sur Hollywood boulevard, a consacré le film Bobby d'Emilio Estevez, et son casting de luxe avec notamment Sharon Stone, Demi Moore, Helen Hunt, Anthony Hopkins, Martin Sheen et Elijah Wood.
Le festival a fait l'objet de quelques changements, notamment en fermant sa section consacrée au cinéma allemand, après quatre ans de fidèles rendez-vous. Christian Gaines, le directeur de l'AFI FEST, explique son choix par une internationalisation grandissante de sa programmation, qu'il se devait cependant de «contenir » (son festival devait être à l'origine l'une des vitrines les plus importantes du cinéma américain). Autre abandon, celui de la catégorie « New faces in European cinema », qui éclairait un jeune talent européen et qui était financée par les bureaux du film de certains pays d'Europe représentés à Los Angeles.
Du côté des nouveautés, la section « Dark Horizons » consacrée aux films d'horreurs et de l'étrange dont la plupart provenait de pays étrangers, a séduit un public jeune et nombreux, et une section cinéma africain a été présentée pour la première fois (African voices) avec six films dont Indigènes de Rachid Bouchareb, qui fut l'occasion pour le service audiovisuel du Consulat et Unifrance de s'associer au distributeur américain du film (Weinstein Company) en co-organisant une soirée en compagnie du réalisateur, venu spécialement de France.
Les productions et coproductions françaises sélectionnées : Ecoute le temps (Alanté Kavaïté), Buddha's lost children (Mark Verkerk), Next : a primer on urban painting (Pablo Aravena), Voiture de luxe (Wang Chao), Transylvania (Tony Gatlif), Qui de nous deux (Charles Belmont), White Palms (Szabolcs Hajdu), Bab'Aziz, le prince qui contemplait son âme (Nacer Khemir) et Indigènes (Rachid Bouchareb).
Le marché du film AFM (1-8 novembre), produit par « l'Independant Film and Televison Alliance » (IFTA), a rassemblé plus de 9000 professionnels de 70 pays. 592 films ont été montrés aux acheteurs du monde entier, en majorité en première américaine ou mondiale et 435 sociétés étaient répertoriées. Tous chiffres et secteurs confondus, le cru 2006 représente une augmentation de 5% par rapport à l'année dernière. De plus en plus de nouveaux territoires ont rejoint les rangs du marché, notamment la Chine et des pays de l'Est européen. A titre comparatif, il y avait 8 compagnies asiatiques inscrites en 2001 contre 61 aujourd'hui. L'arrêt du marché de Milan (MIFED) en 2004 n'est sûrement pas étranger à cette embellie. Dans le cadre du marché, la société de production « EuropaCorp » s'est associée au Consulat pour co-organiser une projection du film de Guillaume Canet Ne le dis à personne , et Unifrance a organisé, également avec le soutien du Consulat, une soirée qui accueillait professionnels français et américains afin de célébrer l'entente des deux pays en matière de cinéma.
Pour Jonathan Wolf, l'un des directeurs de l'AFM, le partenariat de ce marché avec l'AFI FEST représente «une opportunité donnée à certains films de nos clients d'être aussi programmés par le festival, ce qui crée une exposition médiatique et marketing supplémentaire ». Malheureusement, la réalité lors de cette édition a semblé tout autre. La presse n'a apparemment retenu que les gros films des studios et les acheteurs potentiels ont eu du mal à faire le long trajet en «navette» depuis Santa Monica où se trouve le marché jusqu'à Hollywood, lieu du festival (près de 1H30).
En revanche, du point de vue de l'AFI FEST, il est fort probable que la concordance de calendrier des deux événements permettent aux réalisateurs invités au festival de rencontrer des professionnels du monde entier lors de leur visite sur le marché de l'AFM.
De nombreux professionnels français ont montré un fort intérêt pour le nouveau festival et marché de Rome, qui se terminait peu de temps avant l'AFM, soulignant notamment les nombreux contrats européens signés là-bas, marché qui viendrait peut-être faire légèrement de l'ombre à l'AFM, devenant de ce fait un rendez-vous moins incontournable et voire même plus négligeable ? Argument renforcé par la diversification nouvelle qu'a prise le marché (ouverture de plus en plus marquée à la télévision, à l'industrie pornographique, etc.), et qui semble ne pas faire l'unanimité. A suivre l'année prochaine…

laurent.morlet@diplomatie.gouv.fr

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4e édition de « On Set with French Cinema » aux Etats-Unis

Six réalisateurs français sont venus aux Etats-Unis dans le cadre du programme « On Set with French Cinema » pour donner des masterclass aux étudiants américains. Organisé par le Ministère des Affaires Etrangères et Unifrance, « On Set» représente une occasion unique pour les futurs réalisateurs américains de rencontrer des metteurs en scène français.
Ces échanges ont donné lieu à des projections et des débats animés sur divers sujets, tels que la direction d'acteurs et le montage de films. Jean-François Richet et Jean-Pierre Jeunet se sont rendu à Los Angeles et San Francisco, Gaspard Noé, Jacques Audiard et Anne Fontaine à New York, et Nicolas Philibert à Boston. Neuf universités étaient impliquées dans le projet : School of Visual Arts, Columbia University, New York University et Harvard University pour la Côte Est ; American Film Institute, University of California Los Angeles, University of Southern California, Stanford University et San Francisco State University pour la Côte Ouest.
« On Set » a aussi été l'occasion pour les réalisateurs de présenter leurs films à un public plus large au cours de projections organisées par des programmateurs (Lincoln Center, AmericanCinematheque, Independent Film Center, Smith Rafael Film Center, Harvard Film Archives…). Des discussions et questions-réponses avec les réalisateurs ont suivi. Ainsi, Jacques Audiard et James Toback, auteur de «Fingers» dont s'est inspiré Jacques Audiard pour « De battre mon cœur s'est arrêté », ont pu parler de leur sfilms respectifs devant une salle comble à l'Alliance Française de New York.
Cette quatrième édition de « On Set » se terminera en janvier avec la venue de Costa Gavras à Los Angeles.

delphine.selles@diplomatie.gouv.fr

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Jacques Rivette à l'honneur

Si les noms de Truffaut, Godard et Rohmer sont familiers du public américain, Jacques Rivette, autre enfant terrible de la Nouvelle Vague, a souffert d'une visibilité moins importante. En effet, seulsdeux de ses vingt-deux longs-métrages sont actuellement distribués aux Etats-Unis. Cependant une rétrospective complète du réalisateur entend bien revenir sur cette injustice. Première du genre sur le territoire, cette rétrospective fait pour l'occasion venir d'Europe les copies manquantes, dont trois tout juste rééditées. Initiée par le Museum of Moving Image, situé à New York, et en coopération avec le Service audiovisuel de l'ambassade de France, cette rétrospectivre a débuté le 10 novembre et s'achèvera le 31 décembre. Elle se poursuit dans une quinzaine de villes jusqu'en juillet 2007 dont Los Angeles, Washington, Chicago, Saint Louis, et San Francisco. Cet événement permet de faire redécouvrir les thèmes de la théâtralité, de la performance, du complot, de l'illusion et de la réalité chers au cinéaste, au travers de films peu ou mal connus. Le clou de la manifestation est sans aucun doute la projection de Out One . D'une durée de 12h30, ce « very-long-métrage » ne manquera de défier les capacités d'endurance des spectateurs… Plus d'information sur : www.movingimage.us

francois.leloup-collet@diplomatie.gouv.fr

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Le distributeur Janus Films fête ses 50 ans

La société Janus Films a été fondée en 1956 par les propriétaires du Brattle Theatre (Cambridge, MA), Bryant Haliday et Cyrus Harvey, tous les deux déçus de ne pas pouvoir présenter dans leur cinéma des films européens.
Ces films n'étaient tout simplement pas distribués aux Etats-Unis. Ils ont acheté les premiers films de Fellini, alors inconnu en Amérique, et ont commencé à acquérir les droits des films étrangers les plus prestigieux ainsi que beaucoup de classiques américains. Grâce à Janus, le public américain a ainsi pu découvrir ces films qui étaient inédits aux Etats-Unis jusqu'à alors. Mais surtout, la société a accompagné la révolution de la Nouvelle Vague au tournant des années 50 et influencé ainsi toute une génération de réalisateurs et cinéphiles américains. En 1983, Janus s'est associé avec Criterion, un développeur de CDs, pionnier dans l'édition de bonus de films. Janus Films/ The Criterion Collection propose aujourd'hui les films de plus de 35 réalisateurs dans des versions originales et restaurées.
La profession a célébré cet anniversaire avec plusieurs hommages qui reflètent le rôle essentiel que joue Janus Films dans la distribution de films de répertoire aux Etats-Unis. En octobre, le New York Film Festival a montré 30 films de la collection. Le Brattle Theatre et le Pacific Film Archive (San Francisco) font de même cet automne. Plusieurs films de cette sélection n'ont pas été vus sur grand écran depuis des années et n'existent pas en DVD. Beaucoup de films français sont présentés au cours de ces hommages. Au Brattle Theater, par exemple, 8 films français seront à l'affiche, dont Madame De (Max Ophuls), La règle du jeu (Jean Renoir), La Belle et la Bête (Jean Cocteau), Cleo de 5 à 7 (Agnès Varda), Zéro de Conduite (Jean Vigo), Les enfants du paradis (Marcel Carné), Les 400 coups et Jules et Jim de FrancoisTruffaut.
Cet anniversaire est aussi célébré à la télévision. La chaîne Turner Classic Movies a présenté une sélection de films de la collection en septembre et Independent Film Channel en novembre et décembre.
Enfin, Janus a édité « Essential Art House : 50 years of Janus Films », une collection de 50 films en format DVD dont beaucoup de français tels que Les 400 coups , Le jour se lève , Les vacances de M. Hulot , Pépé le Moko , Le salaire de la peur .

charlotte.perret@diplomatie.gouv.fr
et delphine.selles@diplomatie.gouv.fr

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Brèves de cinéma à Boston

18ème Boston Jewish Film Festival (1-12 novembre)
Le Boston Jewish Film Festival, créé par le réalisateur Michael Goldman en 1989, présente les meilleurs films contemporains traitant des thèmes autour de l'identité juive. Cette année, sept films français ont été sélectionnés dont La maison de Nina et Un amour à taire (avec la présence de l'actrice principale Louise Monot). La réalisatrice de Comme t'y es belle Lisa Azuelos était présente lors de la projection au Coodlidge Corner Theatre.

Les Cahiers de la Cinémathèque à Harvard: rétrospective de Nicolas Philibert (26-29 novembre)
La cinémathèque de Harvard organise une rétrospective du réalisateur Nicolas Philibert avec la projection de cinq films : Etre et avoir, La Ville Louvre, Un animal, des animaux, La moindre des choses et Le pays des sourds. Les projections seront accompagnées de masterclass du réalisateur aux élèves de Harvard.
Le lundi 27 novembre, la Rhode Island School of Design accueillera Nicolas Philibert et Jean-Michel Frodon, directeur des Cahiers du cinéma, pour une leçon de cinéma avec les étudiants de l'école.

brigitte.bouvier@diplomatie.gouv.fr
et charlotte.perret@diplomatie.gouv.fr

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La production de films continue d'augmenter à New York City 

Considérée il y a encore quelques temps par le milieu du cinéma comme peu encline à favoriser la tenue de tournages et ayant perdu une grande partie de sa production (souvent au profit du Canada, moins cher, du fait d'un efficace système de subventions), New York prouve à nouveau cette année qu'elle est redevenue un haut lieu du marché du film .
Depuis que la ville s'est dotée d'une solide politique d'accueil de la production cinématographique (selon les vœux de Michael Bloomberg à son arrivée au poste de maire en 2002), prenant la défense des films et des réalisateurs, et courtisant les studios via des propositions d'exemption de frais (tournage, location, parking, détails de police), les affaires du Mayor's Office Of Film, Theater and Broadcasting (MOFTB) connaissent en effet un succès considérable: un bénéfice de 600 millions de dollars a ainsi été engrangé l'an dernier grâce aux nouvelles productions, lesquelles ont également apporté du travail à plus de 100 000 new yorkais.
Il aura fallu d'importantes actions de lobbying menées par le MOFTB (qui fête ses quarante ans), sous la direction de Katherine Olivier, pour envoyer à l'industrie des signaux forts susceptibles d'illustrer cette volonté de changement : pour exemple le cas de Sydney Pollack, qui a été le premier réalisateur autorisé à tourner à l'intérieur même des locaux de l'Onu pour les besoins de son film « The Interpreter ».
Aussi cette volonté de voir dynamisée la production de film à New York, soulignée également par l'important vote de subventions fin 2004, enregistre des résultats concrets -les producteurs sont tenus de dépenser la totalité de leur budget dans la ville en échange des bonnes grâces du MOFTB-, et symboliques -avec le retour à New York pour son dernier film The Departed de Martin Scorcese, parti à Rome (Cinecitta) pour tourner Gangs of New York. Ainsi le MOFTB, grâce à ses subventions et ses initiatives promotionnelles (mise en place de réductions sur les dépenses publicitaires des films labellisés « made in New York » ou encore événements lors des premières de King Kong  ou de Mi :III ), attire de plus en plus de nouvelles productions, « devenant un passage obligé entre le script et l'écran » selon Madame Olivier. Le bureau a également soutenu l'an dernier de nombreux programmes afin de soutenir le développement des productions à petit budget, car malgré les bons résultats new yorkais, certains réalisateurs ont encore besoin d'aide: « il faut pérenniser les possibilités maintenant que les affaires sont revenues à New York », comme le rappelle Katherine Olivier.
Plusieurs initiatives ont pris corps: ainsi le programme - le « Production Assistant Training Program »- financé par des fondations privées et résultant d'une coopération entre le MOFTB et Workforce animation -une organisation à but non lucratif de Brooklyn- propose des formations dans les domaines de la télévision et du film. De même, l'Independent Film Training Grant financé par le Department of Small Business Services et administré par l'Independent Feature Project, travaille de concert avec le P.A. Training Program afin de former du personnel qui pourra faire ses premières armes en collaborant aux productions à petit budget. En fait chaque film doit embaucher au moins un assistant issu du programme, ce qui permet aux productions de moins de 3 millions de dollars de budget d'obtenir des rabais allant jusqu'à 25 000 dollars. Ce système d'aide peut paraître insuffisant mais il est prometteur, ces aides étant en fait à terme plus destinées aux générations de réalisateurs à venir plutôt qu'aux films actuellement en cours de production.

antonin.chef@diplomatie.gouv.fr
Sources : Variety 15 Octobre 2006

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Roma Film Fest (13/21 octobre): présence américaine au «  World forum on strategy for cinema »

Le maire de Rome, Walter Veltroni, et les organisateurs du Roma Film Fest ont gagné leur pari, malgré la grogne de quelques partisans « exclusifs » de la Mostra de Venise : installer un deuxième festival international dans la capitale italienne. Un pari d'autant plus important qu'à une programmation généreuse -qui a attiré un nombreux public-, Rome a voulu associer une problématique professionnelle: définir les nouveaux contours d'un possible marché européen du film et son positionnement vis-à-vis de l'industrie américaine, dans un paysage de mutations technologiques de la distribution des images affectant les ressources mêmes de la production classique.
Organisé par Cinecitta Holding et la société de conseil française Media Consulting Group, le « World forum on stategy and finance for cinema » a proposé plusieurs thèmes de réflexion: les modèles de développement actuels et à venir, comment attirer de nouveaux investisseurs ? Europe/Etats-Unis: compétition ou collaboration ? les financements publics en Europe : fin de partie ou nouvelles opportunités ? Parmi les participants américains, l'expert financier en fusions industrielles dans le monde de l'audiovisuel Roy Salter, Richard Fox, VP International de Warnerbros, dont les Services culturels de l'Ambassade avaient facilité la venue, et Robert Pisano, COO de la Motion Picture Association of America. Richard Fox s'est déclaré plus que jamais engagé dans la politique internationale et plus spécifiquement européenne de Warner qui a produit et distribué 230 films avec l'étranger dont 90 en Europe en 7 ans, en faisant confiance aux industries locales et à leurs talents. Il a rappelé que le système français de soutien au cinéma est sans doute un modèle pour l'Europe, à condition que les critères artistiques (langue, réalisateurs, acteurs, techniciens, lieu de tournage) déterminent la nationalité de l'œuvre davantage que son financement. Selon Richard Fox, la globalisation a aussi des aspects positifs avec des récupérations de droits plus amples, une action internationale concertée contre la piraterie et une généralisation de la diversité culturelle. Robert Pisano a axé sa communication sur les mutations technologiques de la distribution des images et les DRM en expliquant que le changement majeur intervenu depuis 5 ans est que « le consommateur décide désormais comment et quand il veut voir le film » et que si les usages actuels ne changent pas, « les voleurs gagneront ». Selon lui, l'industrie doit mettre en place et négocier de nouveaux modes de mise à disposition légale des œuvres, grâce à des DRM appropriés. Le n° 2 de la MPAA avait déjà rappelé ce credo de l'industrie US dans un autre débat avec les sociétés d'auteurs européennes.

Des rencontres positives et à certains égards inédites entre producteurs, diffuseurs, distributeurs de contenus, gestionnaires de droits, administrations culturelles, juristes, investisseurs, qui se renouvelleront à Rome et en appellent d'autres l'an prochain.

mediamerica@mediamerica.org

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Télévision - Radio

Les films vus à la télévision en novembre 2006

Tous les mois, les chaînes de télévision américaines programment aussi bien des films en français que des films en anglais de cinéastes français. Voici la liste de ces films, hors programmation TV5, qui sont diffusés de deux à huit fois dans le mois. Retrouvez les dates et heures de diffusion sur www.frenchculture.org/tv/movies

Alien Resurrection , Jean-Pierre Jeunet, Starz! East, Starz! West, Fox Movie Channel
Ascenseur pour l'échafaud , Louis Malle, The Movie Channel, The Movie Channel Pacific Feed
Assault on precinct 13 , Jean-François Richet, HBO Haute Définiton, HBO, HBO West
Au revoir les enfants , Louis Malle, Flix
Belle de jour , Luis Buñuel, Flix
Clara et moi , Arnaud Viard, Sundance Channel
Comme une image, Agnès Jaoui, DRAM
Conte d'automne , Eric Rohmer, Sundance Channel
Cyrano de Bergerac , Jean Paul Rappeneau, The Movie Channel, The Movie Channel Pacific Feed, Case Channel
Eternal sunshine of the spotless mind , Michel Gondry, HDnet MV Channel
Fahrenheit 451 , François Truffaut, Sundance Channel
Jules et Jim , François Truffaut, Flix
La Belle et la bête , Jean Marais, Independent Film Channel
La Cage aux folles , Edouard Molinaro, Love Channel
L'échelle blanche , Robert Freeman, Fox Movie Channel
La Haine, Mathieu Kassovizt, Sundance Channel, The Movie Channel, The Movie Channel Pacific Feed
Le Souffle au Coeur , Louis Malle, Case channel, Stoo channel
Le Transporteur II, Louis Leterrier, HBOH, HBO West, HBO, HB2W, HBO2
Les Misérables du XXième siècle , Claude Lelouch, HBO Signature
Les Vacances de M. Hulot , Jacques Tati, Independent Film Channel
Rosetta, Jean Pierre et Luc Dardenne, Sundance Channel
Scènes Intimes, Catherine Breillat, Love Channel, Case Channel
Swimming Pool , François Ozon, Edge Channel
Yves Saint Laurent: his life and times , David Teboul, Sundance Channel

antonin.chef@diplomatie.gouv.fr

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Nuit noire récompensé lors des 34 e International Emmy Awards

Ce 20 novembre se sont tenues à l'hôtel Hilton de New York les 34ème International Emmy Awards organisées par l'Académie internationale de la télévision, des Arts et des Sciences et qui récompensent les meilleurs programmes TV de l'année produits hors des Etats-Unis. Cette organisation a été créée en 1969 et regroupe près de 350 structures dans 70 pays.
Trente-six émissions de télévision provenant de neuf pays (un record) ont été sélectionnées à cette occasion dans neuf catégories. Parmi eux, trois programmes français : Bernard Farcy a été nominé dans la catégorie Meilleur acteur pour son rôle dans Le Grand Charles , produit par GMT productions et diffusé sur France 2, où il incarne le Général de Gaulle, de même que La prise du pouvoir par Vladimir Poutine dans la catégorie documentaire, de Tania Rakhmanova, diffusé sur Arte et produit par Quark productions et Wilton Films. Mais c'est le film Nuit Noire, 17 octobre 1961 nominé dans la catégorie "Meilleure fiction TV / Mini-série", réalisé par Alain Tasma, produit par Cipango et diffusé sur Canal +, qui a obtenu un Emmy cette année.

olivier.daube@diplomatie.gouv.fr

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Quoi de neuf sous le soleil de la télé-réalité américaine ?

La musique est à la mode et ce ne sont pas moins de six prime-time différents avec des stars comme Queen Latifah, Jeff Timons ou Cisco Adlair, qui vont se succéder dans les trois prochains mois… Come-back d'un producteur véreux, constitution d'un nouveau groupe de pop, quête du nouveau rapper blanc, ou enregistrement d'un single par deux stars sous la direction d'un grand producteur. Il y en a pour tous les goûts sur MTV Networks.
La chaîne câblée VH1, elle, reprend les mêmes ingrédients que les deux années précédentes pour son plus grand succès: réunir 20 des plus jolies femmes de Flavor et les mettre en compétition pour de l'argent dans Flavor of Love . Cette chaîne du câble va même jusqu à produire un autre spin off, I love New York avec la volonté d'exploiter fortement cette licence. La compétition s'est ouverte sur ABC avec la nouvelle émission de télé-réalité The mole (la taupe), un nouveau Survivor 2 qui va devoir affronter les célèbres prime-time That's 70s show et Buffy : pendant 28 jours, dans différents pays, 10 joueurs vont devoir faire face à une série de tests physiques et psychologiques. A chaque succès, une somme d'argent leur revient. Un joueur s'est infiltré parmi eux pour les faire échouer. A la fin de chaque semaine, les joueurs sont interrogés pour déterminer qui est la taupe et l'un d'entre eux éliminé. Le vainqueur final gagnant un million de dollars.
Enfin, après Top Chef (cuisinier) ou Project Runway (designers de mode), Bravo teste cette fois l'habileté des coiffeurs pour un prix de 100 000 dollars et a dans ses placards un projet sur une compétition entre décorateurs d'intérieur…

olivier.daube@diplomatie.gouv.fr

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Emilie Simon s'exporte aux Etats-Unis

Considérée aujourd'hui comme l'une des artistes féminines française les plus accomplies, Emilie Simon s'exporte à l'étranger et notamment aux Etats-unis. Après le succès de la bande originale du film La Marche de l'Empereur et la sortie française de son nouvel album Vegetal (2006), Emilie Simon a sorti aux Etats-Unis son premier album, intitulé The Flower Book (sur Milan Records) le 14 Novembre. Les 15 titres de cet album américain sont issus de ses deux albums -le premier, éponyme, de 2003 et le second, Vegetal , couronné de 4 étoiles par le magazine Mojo- ainsi que des morceaux de la bande originale de la Marche de l'Empereur. Pour soutenir cette sortie, Emilie Simon a entamé sa première tournée aux Etats-Unis, avec un concert qui a fait salle comble le 13 novembre au Joe's Pub de New York, avec El Perro del Mar. Puis direction Los Angeles, pour un concert les 15 et 16 novembre (au Temple Bar et au Troubadour). Emilie Simon a réuni à cette occasion ses différents talents de vocaliste, parolière (Anglais et Français), arrangeur et producteur, et s'est accompagnée de musiciens pour livrer ses inoubliables « rêves sonores ».

Aurélie Leclercq,
Bureau export de la musique française à New York
stageusa@french-music.org

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Nouveaux médias

Les changements du paysage audiovisuel suite au rachat de YouTube par Google

Le récent rachat du site YouTube -élu meilleure invention de l'année par le Time Magazine- par le moteur de recherche Google, pour 1,6 milliards de dollars, laisse augurer d'importants changements au sein de l'industrie audiovisuelle du fait de l'attrait grandissant de la vidéo online et des possibilités publicitaires qui en découlent. Les grands décideurs du monde de la télévision, qui trouvaient jusqu'alors le site fascinant, sans aller toutefois jusqu'à imaginer un tel scénario, devront désormais prendre en compte ce nouveau partenaire Google–YouTube, qui se positionne à présent en rival à tous les niveaux, depuis la vente publicitaire jusqu'aux budgets de production et la distribution. Comme le résume le consultant Tom Wolzien, « jusqu'à ce que quelqu'un applique un modèle financier sur YouTube, il n'était une menace pour personne, or Google a apporté ce modèle». Du fait de cette alliance plusieurs secteurs du paysage audiovisuel sont susceptibles d'évoluer.
Tout d'abord, le marché de la publicité online (dont l'expansion le fait estimer à 25 milliards de dollars par an pour 2010) laisse entrevoir la possibilité d'une nette évolution, tant au niveau des coûts de production que de la programmation (même si en comparaison, l'industrie TV gagne près de 70 milliards de dollars par an en revenus publicitaires). La télévision classique, elle, plus linéaire, est beaucoup plus vulnérable par rapport à la vidéo à la demande, et les publicitaires qui recherchent pourront trouver en YouTube une plateforme de vente publicitaire au riche potentiel, si Google arrive à appliquer à la vidéo son système de publicités contextuelles. Non que l'achat de YouTube puisse dans l'immédiat venir « saper » la valeur de la publicité traditionnelle de la télévision : la question reste plutôt centrée sur les possibilités stratégiques d'alliances entre les chaînes et le géant de la publicité sur Internet, et la façon dont pourraient être répartis les revenus (Google essayant de prendre le contrôle du marché publicitaire sur les sites des chaînes de TV en proposant sa technologie de publicités visées). Le rachat de YouTube devrait également fortement intéresser ces chaînes qui pourront rentabiliser leur contenu via ce système de distribution online, en attirant plus de gens vers leurs programmes.
Concernant les droits des vidéos musicales, si Google-Youtube a désormais des accords en place avec trois des principales compagnies de disques pour diffuser ses vidéos (Universal Music Group, Sony BMG Entertainment et CBS Corp -un accord ayant déjà été annoncé avec Warner Music Group), la question de la violation de copyrights est devenue une priorité pour les studios. Or si YouTube dans son organisation antérieure pouvait se permettre de tels litiges, il n'en est pas question pour l'image de Google qui, avec un chiffre d'affaires de 130 milliards de dollars, serait une cible bien plus vulnérable. Aussi pour se prémunir des contenus postés illégalement, Youtube est en train de développer une technologie qui peut à la fois marquer et refuser le contenu « copyrighté » -via la création de clés qui permettent d'identifier le caractère illégal du contenu-, et qu'il mettra à disposition des networks afin que ces derniers repèrent d'eux-mêmes les vidéos incriminées, (ce qui a conduit récemment YouTube à supprimer 29 549 documents vidéo à la demande de Sony pour problème de droits d'auteur).

Dans un futur proche on peut également envisager que Google dispose de moyens technologiques et de l'infrastructure nécessaire pour proposer la vente de packages de chaînes et assurer éventuellement une diffusion du câble sur Internet. Enfin le deal entre Google et YouTube va modifier la balance des pouvoirs entre les networks et les producteurs indépendants, notamment en ce qui concerne la production et la distribution) à cause de la présence de publicités sur les vidéos online. A noter enfin l'annonce faite début novembre par Chad Hurley, le directeur général et cofondateur de YouTube, qui affirme qu'offrir des services vidéo sur les téléphones portables constitue l'un des objectifs du groupe pour 2007. L'acquisition de YouTube par Google ouvre donc un champ de possibilités considérable pour le moteur de recherche, grâce aux univers de la publicité, de la production et de la distribution. De profonds changements sont donc à venir…

antonin.chef@diplomatie.gouv.fr
Sources : Broadcasting & Cable Magazine 16/10/06

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Le Canada investit la diffusion par Internet

Fin 2006, 7% du marché publicitaire canadien sera dépensé sur Internet. Dans ce pays leader en taux d'équipements à haut débit, le consommateur passe de plus en plus de temps en ligne, notamment pour y consommer des productions télévisuelles. D'après le cabinet Forrester Research, les Américains et les Anglais se consacrent avant tout à l'e-commerce et les Asiatiques, se connectent pour jouer tandis que les Canadiens semblent privilégier musique et films en ligne.
Au Canada, l'absence de loi contraignante contre le piratage des contenus a donné naissance à une génération d'internautes qui conçoivent leur ordinateur comme une alternative à leur télévision. De nombreuses séries télévisées populaires ( Degrassi , Whistler ) sont diffusées sur le net en même temps qu'à la télévision, que le public peut découvrir par des « webisodes », épisodes originaux disponibles seulement sur le net. Pour certains concepts comme Instant Star, la version streaming est même montrée la veille du montage final. La réaction des internautes enrichit alors la version télévisée.

Toutes ces consommations à la demande se font autour d'un modèle économique construit autour de la publicité et des abonnements des consommateurs. Du ‘tout gratuit' piraté de façon ponctuelle, les consommateurs migrent ainsi vers des nouvelles formules qui peuvent inclure des abonnements ou des paiements à la demande. L'émergence de ce nouveau marché s'étend aux plus jeunes au travers des émissions comme This is Daniel Cook et This is Emily Yeung dont les derniers épisodes sont consultables par Internet. Toutes ces évolutions progressent avec l'arrivée régulière de nouveaux opérateurs, combinée à l'amélioration de la consultation d'émission en streaming. Sans présumer des orientations à venir, le Canada est actuellement à l'avant-garde de ces nouveaux marchés et modes de consommation.

laurent.allary@dipomatie.gouv.fr

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Rapport 2006 pour les sites de vidéos produites par les utilisateurs

Les sites de « User Generated Video » (UGV ou Vidéos produites par les utilisateurs) devraient atteindre 31 milliards de visites pour 2006, soit une augmentation de 429% par rapport à 2005, selon un rapport publié par AccuStream iMedia Research.
Le rapport contient des informations sur des sites allant du téléchargement à la librairie UGV, ainsi que des analyses de tendances pour LiveDigital, Revver.com, YouTube, MySpace, Yahoo Video and Metacafe.
Les sites UGV ont rapidement évolué en 2006 et ont poursuivi leur impressionnante ascension au cours des six premiers mois. Mais une analyse mensuelle -basée sur la date des téléchargements de fichiers- sur des sites dont YouTube et Myspace, a montré un pic de fréquentation en juin et juillet puis une baisse importante du nombre de visites dans les mois qui ont suivi.Une analyse marketing pour les sites UGV a mis en évidence leur grande sophistication et diversité, ainsi que leur importance, tout en insistant toutefois sur le caractère très compétitif de ce secteur. Si on espère une croissance sérieuse pour 2007, on peut aussi voir des signes de maturation. Le succès futur des sites UGV devra donc certainement compter sur un contenu plus qualitatif, avec un engagement croissant des professionnels et semi professionnels, ainsi qu'un filtre éditorial plus marqué, afin de rester au service de nouveaux talents.

Aurelie Leclercq
stageusa@french-music.org

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Une révolution dans l'interopérabilité  

La récente annonce de la signature d'un accord technique et commercial entre Microsoft et l'éditeur de logiciel Novell s'apprête à bouleverser le monde de l'informatique. Dévoilée le 2 novembre dernier par les PDG des deux firmes -réciproquement Steve Ballmer et Ron Hovsepian-, cette alliance prévue pour l'instant sur cinq ans va permettre la mise en place d'une plateforme qui pourra assurer le fonctionnement de concert entre la version de Linux proposée par Novell -Suse- et le système d'exploitation Windows. Les deux sociétés devraient également s'associer dans la création d'un centre de recherche commun. Cette décision assez inattendue marque un revirement historique dans la stratégie de la firme de Ballmer, qui jusqu'alors avait fermement combattu Linux sans pouvoir pour autant empiéter sur son importante part de marché. Cet accord est surtout un grand pas vers plus d'interopérabilité, répondant à la demande croissante des clients qui souhaitent pouvoir utiliser à la fois Windows et Linux. "Cet accord va réellement contribuer à réduire la division entre les logiciels libres et ceux dont le code est une propriété intellectuelle. Je reconnais volontiers que Linux joue un rôle important dans le mélange de technologies que nos consommateurs utilisent", a déclaré M. Ballmer. Cet accord permettra à Microsoft de profiter des parts de marché sans cesse croissantes emportées par les distributions libres et à Novell de disputer à son concurrent direct RedHat, le statut de premier distributeur de Linux: ce dernier déjà en concurrence avec Oracle, a vu son titre perdre près de 15% à Wall Street en quelques jours lorsque le titre Novell gagnait plus de 14 %.
Microsoft paiera en tout la somme de 348 millions de dollars à Novell, mais si la firme de Ballmer s'est engagée à ne pas poursuivre les développeurs et utilisateurs de Suse Linux pour atteinte à la propriété intellectuelle, elle se réserve le droit de le faire pour les autres versions du système d'exploitation libre, ce qui est source d'inquiétude pour leurs utilisateurs.

antonin.chef@diplomatie.gouv.fr

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Menaces sur l'hégémonie d'Apple

Jon Lech Johansen, alias DVD Jon, qui fut célèbre à 15 ans en craquant le schéma de cryptage CSS protégeant les DVD afin de pouvoir lire librement ses films sous Linux, a annoncé le 25 octobre dernier avoir « cassé » le code de FairPlay, la technologie de gestion de droits numériques d'Apple (DRM). Cette dernière garantissait jusqu'alors l'exclusivité de la firme de Steve Jobs à travers l'utilisation conjointe d'iTunes et de l'iPod : aucune chanson téléchargée sur iTunes ne pouvait être lue sur un lecteur Mp3 autre que l'iPod, et ce dernier ne pouvait pas lire des chansons protégées par des DRM provenant d'autres services. La révolution apportée par Johansen consiste en une duplication de FairPlay sur des morceaux initialement protégés par un autre système, afin de les rendre compatibles avec iTunes. Selon lui le procédé ne serait pas illégal, puisqu'il n'y a aucun contournement technique effectif. Pour autant un tel système permet le transfert de n'importe quel contenu musical protégé contre la copie vers un iPod –jusque-là traditionnellement limité aux formats Mp3 et AAC-. Aussi Johansen s'est-il empressé de créer une nouvelle firme, « DoubleTwist », qui va se charger de vendre sa licence.Considéré comme un pirate par de nombreux industriels de la musique et du cinéma, « DVD Jon » se pose en défenseur de l'interopérabilité au moyen du « reverse engineering », c'est-à-dire en partant d'un projet fini pour en retracer et en saisir la conception.
Une telle ouverture de l'iPod aux autres formats et plateformes musicales peut en effet représenter une avancée majeure en matière d'interopérabilité, même si bien entendu elle ne fait guère les affaires d'Apple qui risque gros à perdre la relation d'exclusivité qui unit son lecteur à l'iTunes store.

antonin.chef@diplomatie.gouv.fr

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La sortie imminente de Windows Vista

Le coprésident de Microsoft Jim Allchin a annoncé ce 8 novembre que Vista, le nouveau système d'exploitation de Windows, devrait être commercialisé d'ici fin novembre pour les entreprises et le 30 janvier pour le public, son prix étant annoncé entre 200 et 400 dollars selon la version. Si des changements sont surtout remarquables au niveau du rendu de l'image, des graphismes et du centre de sécurité -lequel intègre pour la première fois un antivirus gratuit : l'AVG Anti-Virus Free Edition 7.5, de la société Grisoft-, il est cependant à noter que le système seul occupe près de 5 gigaoctets, soit 5 fois celle dédiée à XP. Ce lancement s'avère primordial pour Microsoft, Windows représentant 30% des chiffres d'affaires du groupe. Pour autant les premières études semblent douter de la réussite immédiate des ventes : selon le cabinet américain Gartner, Windows Vista ne sera installé que sur 8 à 10 % des ordinateurs fin 2007 et pour IDC, ce chiffre atteindra 11 %, alors que Microsoft vise les 20%. De même d'après Forrester Vista devrait mettre autant de temps que XP à être adopté, soit quatre ans -là encore le double de ce que prévoit Microsoft-.

antonin.chef@diplomatie.gouv.fr

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Concurrence dans l'industrie du jeu vidéo à l'approche des fêtes  

Après un début d'année aux ventes mitigées, il apparaît que l'industrie du jeu vidéo se porte mieux : les récentes études de l'analyste NPD Group soulignent une augmentation des recettes à hauteur de 38% pour le mois de septembre, avec des ventes en hausse pour les jeux et les consoles. Sur l'ensemble des neufs premiers mois, l'industrie du jeu vidéo connait 11% de bénéfices en plus que l'an passé. Parmi les meilleures ventes de septembre on retrouve la dernière édition de « Madden NFL » d'Electronic Arts, qui s'est vendu à 3,1 millions d'exemplaires, ainsi que la suite « Saint's Row » de la série de THQ « Grand Theft Auto ». Avec les sorties également très attendues de « Legend of Zelda : Twilight Princess » de Nintendo, de « Gears of Wars » de Microsoft, mais également des nouvelles consoles Wii de Nintendo et de la Playstation3 de Sony, le NPD Group conclut dans son rapport que « tout laisse à penser qu'il s'agira d'une année de nouveaux records pour l'industrie». Pour autant certains analystes soulignent que la Xbox 360 ne s'est pas aussi bien vendue dans ses 11 premiers mois que l'aura pu être la Xbox, mais la sortie prochaine de « Gears of Wars » peut laisser augurer de fortes ventes pendant la période des fêtes.
Tous les regards vont maintenant se tourner vers la lutte qui va opposer la Xbox 360 de Microsoft , la PS3 de Sony et la Wii de Nintendo. Sony qui a sorti sa PS3 ce 17 novembre, quasiment un an après la Xbox 360, du fait du retard pris lors de l'intégration de la technologie Blu-Ray à la console, espère pouvoir vite rattraper Microsoft -et ce malgré le prix assez élevé de l'appareil- afin de lui disputer le contrôle de la « guerre de la console ». En effet le prix d'une PS3 de base est de 500$, alors qu'il faudra compter 300$ pour une Xbox 360 et 250$ pour une Wii. Le groupe, qui proposait déjà 21 jeux au premier jour de vente, s'attend à expédier 6 millions de PS3 dans le monde entier d'ici à la fin mars, alors que Microsoft espère vendre 10 millions de consoles et disposer de 160 jeux d'ici la fin de l'année (essentiellement Microsoft ou issus parfois d'éditeurs tiers comme Electronic Arts), alors que la Xbox 360 n'en disposait que de 18 au début de l'an dernier.

La différence risque de se faire également au niveau de l'offre Internet. Microsoft offre le service « Xbox live » pour lequel 50$ permettent un accès au jeu sur la toile : 60% des 5 millions des propriétaires de la Xbox 360 l'ont rejoint –ce qui représente 10% de plus qu'avec la dernière console-. Le groupe vient également de marquer un grand coup il y a quelques jours en proposant le premier la possibilité aux propriétaires américains de Xbox de télécharger des films en Video on Demand et shows TV sur leurs consoles (de Warner Bros, Paramount et Turner) ce qui représente une innovation considérable, faisant de la Xbox un point de convergence des médias digitaux, et de ses joueurs de nouvelles cibles pour les publicitaires. Sony a répliqué en annonçant que la PS3 offrirait également ce même type de service, mais de manière gratuite, à travers un portail consacré au jeu et un autre au commerce. De plus, plutôt qu'utiliser un serveur général comme pour la Xbox 360, Sony pourrait accréditer certaines compagnies afin qu'elles deviennent autant de serveurs hôtes pour les parties multijoueurs. La firme compte surtout sur le report des 3 millions de consommateurs de la PS2, lesquels risquent cependant d'être prudents vis-à-vis de l'offre internet de Sony. Une nouvelle difficulté pour la firme est survenue à quelques jours du lancement de la PS3 : la console n'était pas compatible ave tous ses anciens jeux, contrairement à ce qui avait été initialement annoncé … Nintendo, dont la Wii est sortie le 19 novembre, projette également de proposer un service de jeu et téléchargement même si son offre Internet ne devrait pas concentrer une part trop importante du marketing de la firme.

antonin.chef@diplomatie.gouv.fr
Sources : Variety, The Hollywood Reporter

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EN BREF

Le Zune lancé aux Etats-Unis

Le Zune de Microsoft est sorti ce 14 novembre dans 30 000 points de ventes et a été soutenu par des concerts rock gratuits dans six villes américaines, avec notamment les Red Hot Chili Peppers à New-York. Il semblerait que Microsoft pense pouvoir séduire les consommateurs en leur évitant d'être détenteurs de fichiers, mais plutôt en leur donnant la possibilité de « zapper » parmi les quelques 2 millions de titres musicaux et le millier d'heures de contenus vidéos déjà disponibles sur le site Zune Marketplace. Même si la concurrence avec Apple semble très difficile, le groupe n'hésitera pas à perdre beaucoup avant de pouvoir s'installer dans la durée comme le rappelle Robbie Bach, directeur de la division loisirs de Microsoft : "nous sommes prêts à investir pendant trois, quatre, voire cinq ans des centaines de millions de dollars avant d'atteindre la rentabilité".

Google teste la pub dans la presse online et devient n°1

Début novembre Google a débuté un test avec une centaine d'annonceurs afin de leur permettre de réserver sur internet des encarts publicitaires dans la presse américaine, en partenariat avec une cinquantaine de journaux dont le New York Times , le Washington Post ou encore The Tribune , et renouvelle ainsi une expérience menée en septembre 2005 avec des magazines informatiques, et surtout s'affirme sur le marché audiovisuel dans un rôle de régie publicitaire multisupports. bGoogle est passé devant Yahoo! pour la publicité sur Internet et a réussi à quasiment doubler son bénéfice net au 3 e trimestre, à 733 millions de dollars, et à accroître de 70 % ses recettes (provenant à 99 % de la publicité en ligne), alors que Yahoo! a annoncé pour le trimestre une chute de 38 % de ses profits, à 158,5 millions, seulement une hausse de 19 % de ses recettes. Il y a un an, Google et Yahoo étaient presque à égalité, et se partageaient chacun 18 % des recettes publitaires américaines. Actuellement, Google capte 23% de ces recettes contre 19 % pour Yahoo!, selon l'institut spécialisé eMarketer, ce à la suite du contrat d'exclusivité passé avec MySpace et du rachat de Youtube.

Nouveautés du côté de la création de sites

- Dans la lignée de la « révolution communautaire » qui agite et caractérise un Internet à vocation de plus en plus participative, Yahoo a lancé en octobre dans 19 pays le premier moteur de recherche communautaire. Baptisé Yahoo! Knowledge+, il fait office d'intermédiaire entre Wikipédia et Google, en ce que les réponses aux questions posées sont proposées par la communauté des internautes en temps réel -le temps de réponse est plus long mais la question a l'avantage de pouvoir être posée précisément-.

- Hoover's Inc., société américaine qui délivre des informations exhaustives sur les compagnies, les industries et les marchés, a créé sur le modèle de MySpace, un service à vocation professionnelle réservé aux entreprises, appelé Hoover's Connect.

- Larry Sanger, l'un des deux fondateurs de Wikipédia se lance dans un projet concurrent d'encyclopédie gratuite spécialisée, à but non lucratif, baptisée Citizendium. Ce nouveau wiki communautaire est également basé sur le partage collectif des savoirs mais trouve son originalité en ce qu'il ne concernera que des experts –enregistrés et signés comme participants-, son fondateur reprochant à Wikipédia le caractère approximatif, subjectif et parfois erroné de son contenu laissé au contrôle des internautes.

VoD broadband 

Sony met en ligne des extraits de ses films sur Grouper.com la plate-forme d'échange de vidéos rachetée en août dernier pour 65 millions de dollars par Sony Pictures Entertainment, qui proposera des téléchargements gratuits d'extraits de films sous copyright Sony (parmi lesquels Taxi Driver, Drôles de Dames, Spiderman ou Jerry Maguire). Ces extraits - de courtes scènes de dialogues connus - pourront être rapatriés sur des blogs ou des pages personnelles de réseaux sociaux. Grouper.com a récemment été poursuivi par Universal pour violation du copyright.

Quelques chiffres pour Internet aux Etats-Unis

-Les réseaux sociaux captent une visite sur 20, d'après l'institut de mesure d'audience américain Hitwise, qui révèle dans son rapport sur les contenus générés par les utilisateurs, que les visites sur MySpace ont augmenté de 51 % entre janvier et septembre 2006.

-10 % des internautes américains regardent la TV en ligne, d'après une récente enquête TNS-The Conference Board. Parmi eux, plus de la moitié (53 %) ont regardé des émissions en streaming et les 49 % restants ont téléchargé des émissions gratuitement. La plupart d'entre eux plébiscite la TV en ligne car elle leur permet de ne pas visualiser les vidéos publicitaires. En revanche, 3 téléspectateurs en ligne sur 4 disent que cette pratique n'a pas vraiment détourné leurs habitudes vis-à-vis de la télévision traditionnelle.

Régulation Internet 

- Les Etats-Unis ont annoncé qu'ils appliqueront à compter du 1er juillet 2007 la Convention sur la cybercriminalité, une initiative du conseil de l'Europe en matière de lutte contre les crimes commis via Internet dans les domaines de la pornographie enfantine, de la fraude informatique et des violations de la sécurité des réseaux. Ce traité international a été signé par 43 pays et ratifié par 15 autres depuis sa mise en application le 23 novembre 2001.

- Google Video, le service en propre de partage vidéo du moteur, est poursuivi pour violation de copyright. Google n'a révélé aucun autre détail sur l'affaire, qu'il a lui-même rendue publique. La plainte ne vient manifestement pas d'Universal, qui a poursuivi d'autres sites mais laissé tranquille Google Video et YouTube. Warner et Sony BMG, tout comme Universal, ont été gratifiées de parts du capital de YouTube, afin de prévenir d'éventuelles poursuites. La question reste donc entière sur l'identité de la partie plaignante.

Mouvements :

- Donald Rosenberg, auparavant vice-président d'IBM, vient de rejoindre Apple au poste de secrétaire général et vice-président de la firme, occupé jusqu'alors par Nacy Heinen qui avait quitté le groupe en mai.

- David Zaslav, président de NBC Universal cable and TV a été nommé PDG du groupe Discovery Communications et succède ainsi à Judith Mc-Hale (au sein du groupe depuis 18 ans), devenant ainsi le second dirigeant d'NBC à quitter le groupe en quelques jours (Randy Falco, directeur exécutif de NBC U TV vient tout juste de rejoindre AOL).

Jeux vidéo

L'institut d'études Nielsen Media Research va proposer au milieu de l'année 2007 un service de mesure électronique de la popularité des jeux vidéo auprès des consommateurs américains. Ce nouveau service, GamePlay Metrics, fournira des données sur la population des joueurs pour chaque jeu vidéo et ne concernera que les consoles de salon dans un premier temps, à partir d'une base de 10 000 foyers américains.

juliette.charvet@diplomatie.gouv.fr
et antonin.chef@diplomatie.gouv.fr

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